vendredi 14 novembre 2014

Impression

Au Musée Marmottan, "heurts et malheurs" de ce tableau "Impression, soleil levant" (qui a d'ailleurs donné son nom au mouvement artistique mené par Claude Monet). L'histoire est amusante, et on apprécie que des mécènes généreux et intelligents aient su protéger les grandes oeuvres ! Quel périple les tableaux de Monet, et d'autres, ont connu de caisses en caves et de salles en musées ! Heureusement que ces artistes ont pu connaitre la protection de ces mécènes bien avant la notoriété qu'ils ont aujourd'hui !

D'autres superbes tableaux dans cette exposition, de Eugène Boudin, Jungkind, Berthe Morisot.. tous de la même période, nous plongent dans ces magnifiques lumières des impressionnistes (1869).

Je les contemple goulûment, sans apaiser ma soif de couleur et de ciels .. toujours admirative devant Monet, à la touche si incroyable, le plus grand à mon goût !


mercredi 12 novembre 2014

Ma nouvelle amie

Dernier film de François Ozon, avec Romain Duris et Anaïs Desmoutier. En pleine crise française du mariage pour tous, ce beau film offre une vision originale sur ce qu'est être "femme". C'est une question de Virginia (David travestie) "Je veux vivre comme une femme" et une réponse de la très jolie Claire : "Mais c'est quoi vivre comme une femme ?". Vaste sujet autour de la féminité, souligné symboliquement par le rouge à lèvre, mais au fond très sérieux dans cette recherche d'identité du jeune papa veuf et celle de Claire.


Chaque détail est à sa place dans la grande maison carrée à la pelouse tondue style green de golf, au salon immaculé...
Anaïs Desmoutier est parfaite et captivante, tour à tour juvénile ou séductrice ; Romain Duris totalement incroyable dans sa métamorphose ; les amitités sont ambigues et c'est un jeu subtil entre le chat et la souris.




vendredi 7 novembre 2014

Filles de banlieue

Personne ne voulait m'accompagner pour voir Bandes de Filles, le dernier film de Céline Sciamma. J'avais déjà tant aimé Tom Boy, de cette même réalisatrice, qui fait partie des films qu'on n'oublie pas. Mais la vie de banlieue ne fait pas rêver mes amis, peu enclins à trouver de l'intérêt à ces "gamines" mal élevées, vulgaires et même peut être violentes, mal-honnêtes ou pire dangereuses. Il est vrai que souvent ces jeunes nous dérangent, nous gênent par leur façon de vivre et de faire bloc.

Ce film ne nie pas ces "clichés", n'évite pas cette réalité. En rentrant à l'intérieur des tours HLM, il nous confronte à cette violence et à cette misère sociale. Là où les femmes de ménage travaillent la nuit et les enfants sont livrés aux plus grands, où les garçons font leur loi sur les filles traitées comme des "moins que rien", où l'honneur tient à une raclée, où même l'école n'est qu'un triste chemin tracé sans avenir.

Mais ces filles de banlieue, comme toutes les filles, ont aussi envie d'être belles, de rire, de danser, de s'amuser. Pour cela, elles s'enferment dans une chambre, et se cachent des regards pour oser exister enfin.

Vic est touchante : elle croit qu'il est possible de s'affranchir et prend confiance dans l'amitié de ces autres filles. Machisme, sexisme...la vie d'une fille est loin d'être facile dans ces banlieues ghetto.

La morale n'est pas très heureuse pour finir, mais la force de l'amitié sonne juste, et l'héroïne est pleine de charme et de douceur dans son combat pour la liberté.




vendredi 31 octobre 2014

Sarah Forestier

Je découvre, un an après sa sortie, le film magnifique "Suzanne", avec Sarah Forestier. U
ne histoire d’amour, de tous les amours.
L’amour d’un père veuf pour ses filles, père aimant et juste, attentif malgré un difficile travail de routier. « mais ce n’était pas si compliqué quand je vous laissais toutes seules, vous vous débrouilliez.. » leur dira-t-il bien plus grandes.
L’amour pour ce petit garçon, Charlie, d’une maman ado et né sans père. Petit garçon qui dort dans les boite de nuit, mais enveloppé d’amour doux. Abandonné violemment aussi quand Suzanne quitte tout, et qui se reconstruira en famille d’accueil. « Il souffre de son absence.. » dira encore le père dépassé.
L’amour pour cette sœur ainée, noyau fort de cette cellule familiale, au point qu’on ne lui connait pas d’autre amour. Elle qui n’abandonnera jamais sa petite sœur.
L’amour pour le « bandit », voyou en cavale, qui court, se sauve et revient en cachette. Et qui amène la passion et la vie dans ce quotidien si morne et si tracé.

C’est juste la vie d’une fille fragile qui se sauve avec ses rêves et que jamais la morale ne juge.
La prison devient un lieu de répit, une nouvelle cellule reconstruite avec les autres filles, et Suzanne y semble heureuse, à l’abri.
Un film qui secoue par la force des sentiments !

mercredi 29 octobre 2014

Qui est moche ?

La campagne géniale de Intermarché sur les légumes moches vendus 30% moins cher fait le buzz sur internet et c'est bien mérité ! enfin, le vrai légume arrive à Paris, temple de la consommation standardisé, loin de la vérité de l'agriculture.


Et si on déclinait ce concept plus largement : "ce n'est pas la taille qui fait la beauté", "ce n'est pas la forme qui fait l'esprit". Dissocions l'apparence de l'intérieur, ouvrons les esprit à l'imperfection physique...et me voilà en train de faire du "féminisme" !

Ou simplement de rappeler quelques vérités naturelles, que tout le monde n'est pas un navet ou tomate parfaitement calibrée ! parfois trop rond, parfois trop petit, même parfois difforme... mais d'autant plus savoureux !

Souvenons-nous alors du petit Prince : "l'essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu'avec le coeur".. et le pas est franchi entre ces carottes moches et le miroir de la salle de bain :) et remet à l'honneur le coeur avant la forme !





lundi 27 octobre 2014

Magic Woody

Frais, tonique, fleuri, dansant... le dernier film de Woody Allen, Magic Moonlight, est tout d'abord comme un tableau de Monet ou de Signac, plein de couleurs ! Superbes jardins du sud de la France, sous des soleils couchants, débordants de fleurs et sur un fond de mer calme : théatre d'une vie mondaine et de plaisirs de la bourgeoisie riche et gâtée des années folles.

Une intrigue amusante, du spectacle, de l'humour bien servi par deux acteurs formidables : le dépressif Colin Firth, si triste et si charmant dans sa quête de la vérité ; l'innocente Emma Stone, lumineuse et minaudant d'un air angélique.

Une pointe de Jazz, beaucoup de whisky et de cigarettes élégantes...

Décidément je me régale toujours de cet esprit de Woody, brillant !