Julieta est une histoire forte d'une femme qui "perd" sa fille. Le cinéaste ne choisit pas d'argumenter ce débat qui nous expliquerait comment une jeune fille peut être détournée complètement par une "secte", et faire sa vie sans plus aucun lien avec ses parents et sa vie antérieure. Il pose juste cette absence comme un trou noir pour Julieta, sa mère abandonnée du jour au lendemain par sa fille Ava partie en "vacances".
Julieta à 30 ans (Adriana Ugarte) |
L'autre partie du film tourne autour du désespoir et de l'attente insondable de Julieta qui ne peut pas accepter la disparition de sa fille. Le visage triste, elle survit dans Madrid et laisse sa vie lui échapper, toute à l'attente. Et seule. Ne pouvant partager son drame avec personne, ce qui renforce d'autant plus sa souffrance et l'indicible tristesse qu'elle dégage.
Je ne raconterai pas la fin, mais ce film m'a touché, je pense tout particulièrement par cette relation entre mère et fille et cette absence tellement violente, davantage même qu'un décès dont on peut faire le deuil. Beaucoup d'émotion dans ce film, et beaucoup de belles images avec un rendu "très espagnol" aussi, et la griffe d'Almodovar dont j'ai hâte de découvrir d'autres films !